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Ecrire pour se reconstruire

  • 20-Apr-2017

Une citadelle est un lieu où on se protège. Pas étonnant que les femmes de la prison de Rennes aient choisi ce nom – revisité en « Citad’elles » – lorsqu’elles ont créé leur magazine. C’était il y a cinq ans.

A la Fondation ELLE, on se souvient très bien de ce premier rendez-vous avec l’association bretonne, « Les Etablissements Bollec », qui avait l’étrange projet de créer une rédaction dans la plus importante prison pour femmes d’Europe. Leur ambition était grande : donner la parole à celles qu’on n’entend pas, qu’on ne connaît pas, découvrir ce milieu si mystérieux, mais aussi permettre à des femmes – souvent incarcérées pour de longues peines – de participer à un projet dont elles seraient fières.

Au départ, une dizaine de participantes se sont laissé convaincre. Initiées par des professionnels, elles ont découvert comment rédiger un article, choisir un sujet, mener une enquête, mettre en page, illustrer… Au-delà des compétences techniques, ces femmes ont appris à travailler en équipe, à recevoir la critique, à rendre leurs travaux dans les temps.

13 numéros de « Citad’elles » ont vu le jour depuis, impliquant une quarantaine de détenues. A la Fondation ELLE, on a vu ce magazine grandir, et ses rédactrices gagner en confiance, prêtes à interviewer des personnalités comme Jamel Debbouze, Sophie Marceau, Pierre Rabhi ou encore l’économiste Thomas Piketty. Dans ce magazine qui ne ressemble à aucun autre, on peut y trouver tous les sujets qui intéressent les femmes, mais avec ce prisme particulier de l’expérience carcérale : être mère et détenue ; pourquoi la vie coûte cher en prison ? ; travailler en détention ; peut-on changer en prison ? ; peut-on tout accepter par amour ?

Les rédactrices de « Citad’elles » ont aussi pris le soin, à chaque numéro, de nous parler beauté, mode, bien-être, en listant par exemple les meilleures postures pour les maux du dos, en donnant des conseils pratiques pour customiser son dressing ou des astuces pour un repas festif avec trois fois rien…

« Citad’elles » met aussi à l’honneur des femmes aux parcours différents, mais qui ont en commun la passion de leur métier, comme Catherine, la sapeur-pompier, Mona, la sculpteuse, Béatrice, l’interprète en langues des signes, Amélie, la policière, ou encore Marie, la maquilleuse.

D’abord distribué uniquement dans les prisons du grand Ouest, « Citad’elles » est désormais accessible à tous, en ligne, sur le site de l’association (etablissementsbollec.com).

« Citad’elles » est né en prison, mais intéresse aujourd’hui au-delà des murs. Vous pourrez d’ailleurs prochainement découvrir le documentaire réalisé Pierre-François Lebrun, qui a filmé toutes les étapes de la réalisation du prochain numéro. A découvrir très vite.

Par Chloé Freoa

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