ACTUALITÉ

  • home
  • MALI : mon premier jour …

MALI : mon premier jour à l'école

  • 23-Mar-2018
  • Chloé Freoa

« Je m’appelle Tata Diallo, j’ai 10 ans et je vis à Mékoungo, un petit village à 60 km au nord de Bamako, au Mali.
Je vais à l’école depuis 2014, je suis en 4e année (niveau CM1).

Mon père est éleveur et ma mère n’a pas de métier, elle s’occupe de la maison. Mon père a une deuxième femme mais ça se passe bien.

J’ai trois grandes sœurs, dont seulement une est allée jusqu’au collège, puis elle a abandonné pour se marier.
J’ai trois autres sœurs qui vont à l’école avec moi. Le midi, nous mangeons ensemble avec tous les autres enfants.

Le jour de la rentrée est un jour de fête. C’était le 9 octobre dernier.
Ce matin-là, je ne tenais pas en place, je devais piler le mil pour la bouillie avant d’aller à l’école, mais ma mère m’a pris le pilon des mains car je faisais n’importe quoi, j’étais trop excitée.
Arrivés à l’école, il a fallu qu’on nettoie la cour et les classes pleines de poussière. On est allés chercher de l’eau au forage,
on l’a versée sur les tables et on a frotté fort. Cela sentait frais et humide, j’aimais bien.
Le lendemain, les cours ont pu commencer.

J’aime l’école et la compagnie des autres enfants. Mes amies peules se moquent souvent de leurs petits camarades bambaras, mais moi, j’aime tous les enfants. L’école est le lieu où on vit ensemble et où on apprend à se connaître entre différentes ethnies.
Plus tard, j’aimerais être enseignante, m’occuper des enfants et leur raconter des histoires. J’aime lire.
Ce serait bien d’avoir plus de livres à l’école et un coin tranquille pour s’isoler.
« Tata par-ci, Tata par-là », j’ai toujours quelque chose à faire ! J’aimerais un lieu rempli de livres pour m’y réfugier.

Je ne manquerais un jour d’école pour rien au monde, il y a tellement de choses à découvrir.
Comme je travaille bien, le maître me fait souvent des compliments. Il est sévère mais juste.
Le jour de la rentrée, il était content de retrouver des élèves qui avaient pourtant des difficultés l’année dernière.
Il les a félicités d’être revenus et a ébouriffé leurs cheveux en signe d’affection. Même les durs à cuire de la classe étaient émus. »

Depuis 2016, la Fondation ELLE soutient l’association PNS qui œuvre pour maintenir les petites filles maliennes le plus longtemps possible à l’école, dans un pays où 38% d’entre elles n’achèvent pas le cycle primaire.

Grâce à la maison d’édition Hachette Romans que la Fondation ELLE a sollicitée, Tata va bientôt avoir une belle surprise en se rendant à l’école : une bibliothèque remplie de livres comme elle en rêvait.

  • Partager:

ACTION EN LIEN

MALI : Autonomie des mères et scolarisation des filles

Tous les indicateurs qui décrivent les conditions de vie au Mali sont alarmants : le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans est de 176 pour 1000 ; 9 femmes sur 10 ont subi des mutilations génitales ; 15% des filles sont mariées avant 15 ans ; 2/3 de la population féminine ne sait ni lire …