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Plus belle la vie… avec le permis

  • 08-Jun-2017

A Marseille, près de la gare Saint-Charles, la Belle de Mai est en pleine mutation. Proche des studios où sont enregistrés les épisodes de la très populaire série « Plus belle la vie », le quartier accueille de nombreuses initiatives culturelles et solidaires, comme celle de l’association Mot à Mot.

Au départ, deux formatrices en langue française, Adèle Rossignol et Javotte Chomel, font le constat que les femmes qu’elles rencontrent rêvent de passer le permis de conduire, sans oser le dire. Parce qu’elles ne se sentent pas légitimes, parce qu’on ne le leur a jamais proposé, parce qu’elles ont peur d’échouer, elles n’ont jamais tenté leur chance.

Adèle et Javotte, fondatrices de Mot à Mot, créent alors l’atelier « Des mots pour le code ». En 2016, 50 femmes ont suivi, chaque semaine, les cours de français adapté au vocabulaire spécifique du code de la route, proposés par l’association.

Yamina Ferrat, 38 ans, a été l’une des premières à s’inscrire.

Originaire du village kabyle de Tizi-Ouzou en Algérie, Yamina était étudiante en agronomie avant de venir en France. Aujourd’hui, elle élève seule ses enfants de 4 et 10 ans et enchaîne les heures de ménage aux quatre coins de la cité phocéenne. Elle nous explique combien il est difficile d’arriver à l’heure chez ses employeurs quand on dépend des transports publics. Obtenir le permis lui faciliterait la vie. Elle s’était même inscrite dans une auto-école, mais elle a abandonné très vite : « Je ne comprenais rien du tout et je n’osais pas poser de questions. » C’était avant de connaître l’atelier « Des mots pour le code ».

« Avec Mot à Mot, j’ai beaucoup appris. Adèle et Javotte savent expliquer, en faisant des dessins au tableau, en prenant des exemples concrets... Dernièrement, elles ont même fait venir une mécanicienne qui nous a montré comment changer une roue. Je n’ai plus peur de poser des questions désormais. »

Le mois dernier, Yamina a bien répondu à 31 questions sur les 40 posées lors de l’examen. Cinq erreurs maximum sont admises. Encore quelques efforts et son rêve va se réaliser.

Pour l’aider, la Fondation ELLE a décidé de lui accorder une bourse lui permettant de prendre en charge une partie des frais d’inscription à l’auto-école, en plus des cours avec Mot à Mot.

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